HERMÈS LES ADIEUX ET L’AURORE

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Ainsi s’achèvent les longs sanglots d’une ère révolue. Après 37 années d’un règne aussi discret que souverain, Véronique Nichanian a quitté les ateliers dorés d’Hermès, comme on quitte une forêt familière à la tombée de la nuit avec cette grâce silencieuse de celle qui sait que rien ne meurt vraiment. La maison, semblable à ces vieilles demeures bretonnes battues par les vents de la Manche, porte encore en ses murs l’empreinte de son génie.

Mais, voici que paraît une aube nouvelle, et avec elle, Grace Wales Bonner âme britannique, héritière des mers et des cultures croisées, comme ces navigateurs d’antan, qui portaient en eux plusieurs civilisations à la fois. Elle révèlera, en janvier, sa première collection, telle une confidence longtemps mûrie dans le silence des nuits créatrices. En attendant cette révélation, la maison a choisi la retenue : un showroom aux lumières douces, une présentation intime, loin des fastes inutiles.

Et dans cette pénombre élégante se déployaient quelque quarante silhouettes, pâles et belles comme des rêves à peine éveillés  chemises que le vent semble avoir tissées, vestes de cuir perforées à la manière des dentelles gothiques, et tricots si légers qu’ils paraissaient faits de l’air même des soirs d’automne. Hermès, fidèle à son âme profonde, murmure là où d’autres crient, et c’est dans ce murmure que réside toute sa grandeur.

FM♠