PUISSANCE DE LA HAUTE COUTURE

Elle est comme un soleil qui perce soudain les nuages pour faire apparaître un paysage où une ville inondée de lumière en une seconde transforme tout sans rien changer. La Haute Couture transfigure non pas le réel, mais la perception que nous en avons. Au premier show, parfois, soudainement, elle nous baigne d’un rayon irrésistible, et avec une telle force, que cela nous rend irrémédiablement heureux comme une piqûre de l’aiguille du bonheur. Et, là, en dehors de toutes considérations esthétiques, elle fait vibrer votre réalité. C’est ainsi que le beau et l’émotion se rejoignent dans l’évidence d’une vie sublimée par une robe que certains appellent le « Vêtement » mais, pardonnez-leur Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils disent.

La beauté suffit pour redonner du sens à cette vie passagère. Mais, malheureusement, nous vivons dans un monde où le beau et le laid se confondent et nous n’avons pas la capacité de pouvoir les séparer, car certains Hommes de Cour, qui la constituent, souhaitent tirer quelques substances que la vie leur impose pour juste changer de voiture. La Haute Couture, pour une semaine d’un petit moment bref de bonheur comme un orgasme furtif, va me donner la force de continuer ; un point qui n’est pas « g » mais de feston. La Haute Couture, comme un médicament face au reste de ce monde qui tue pour tuer et, qui, après avoir tué, ne dit même plus pardon.

La Haute Couture, pour un instant de bonheur et d’oubli des jours mauvais, illumine le ciel du désespoir et, alors, pendant une semaine, mes nuits s’enflamment de rêves et de douceur des présentations de Franck Sorbier, de Josse, et bien d’autres peu connus qui le méritent cent fois plus que les Bons Samaritains supposés. Je vais tournoyer dans une brume de chaleur et de bonheur pendant une semaine, et quand, à la fin de la semaine, je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, la fièvre retombera et, là, j’attendrai, patiemment, le solstice d’hiver pour à nouveau renaître.

Anonymode

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