POUTINE UN FOSSILE POUR DES ENERGIES

FHCM

Poutine est définitivement le gangster des combustibles fossiles, mais, à terme, l’énergie propre pourrait lui couper l’herbe sous le pied. La guerre contre l’Ukraine est financée par l’immense richesse pétrolière et gazière de la Russie, mais le conflit pourrait annoncer la fin de la partie pour la mafia des énergies carbones. Pendant des décennies, les dirigeants du monde entier et les PDG des Big Oil ont été heureux de fermer les yeux sur l’autocratie et les fantasmes de construction de l’Empire du président, le Nicolas II de supermarché.

Ils sont tous accros aux combustibles fossiles, accrochés à l’argent facile de l’or noir et du gaz et moins dangereux que le marché de l’opium en Afghanistan. Et nous, les Européens, aidons à financer les pipelines et les plateformes de forage, pour acheminer autant de pétrole et de gaz que l’on souhaitait tombant ainsi dans une spirale de dépendance inéluctable. Pour Poutine, l’argent des combustibles fossiles a nourri ses ambitions les plus sombres. Celle-ci non seulement a aidé à mettre sur pied la force militaire qu’il a envoyée en Ukraine, mais il lui a également donné les moyens de cacher des milliards dans des banques offshores qui vont lui permettre d’éviter les retombées économiques de la guerre pour son pays.

Depuis JR Ewing, le pétrole et le gaz sont contrôlés par des voyous. Les Pétro-États utilisent l’argent et leur pouvoir de manière peu recommandable et agissent de manière à freiner les accords internationaux visant à réduire les émissions de carbone (et si des journalistes curieux, comme le dissident saoudien Jamal Khashoggi, posent trop de questions, ils finissent par être découpés en morceaux avec une scie à os). Pendant ce temps, les dirigeants occidentaux promettent rituellement de rompre leur dépendance aux combustibles fossiles par des appels creux à l’indépendance énergétique.

Mais lorsque Poutine a commencé à bombarder des civils en Ukraine, tout a changé. Peut-être était-ce le courage du président Ukrainien Volodymyr Zelensky. Mais aussi la souffrance en temps réel des Ukrainiens, capturés par des millions de téléphones portables et diffusés dans le monde entier. Exxon, Mobil, Shell et BP ont tous cessé leurs activités en Russie avant que leur raison sociale ne soit éclaboussée de sang.

Deux semaines après la marche de l’armée rouge « de sang » des victimes, le président Biden a annoncé l’interdiction des importations américaines de pétrole russe. Bien que les États-Unis n’importent qu’environ 3 % de leur pétrole, cette mesure, combinée à d’autres sanctions économiques contre la Russie, indique que le pétrole russe est l’équivalent des diamants du sang. Pour l’Europe, la guerre a marqué le début de la fin d’une co-dépendance qui ne pouvait que mener à la tragédie. « Les dirigeants européens ont compris que Poutine était un personnage volatile, mais c’était une relation qu’ils pensaient pouvoir gérer » ; visiblement il se sont trompés.

Les erreurs de jugement sont des deux côtés : Poutine a mal calculé la vitesse à laquelle le monde avait changé. Quant aux nations industrielles, elles sont au milieu de « la grande transition énergétique ».

Mais, le constat est simple et brutal, car si le monde occidental riche continue à brûler des combustibles fossiles comme il l’a fait dans le passé, nous allons littéralement cuire la planète en la rendant inhabitable. Lorsque l’armée russe a pénétré en Ukraine, la science du climat et de la géopolitique ont fusionné, car au moment où les soldats russes franchissaient la frontière : « Le changement climatique d’origine humaine et la guerre contre l’Ukraine ont les mêmes racines : les combustibles fossiles. »

Comme on pouvait s’y attendre, les conservateurs et leur bande d’escrocs corrompue et de négationnistes du climat ont immédiatement utilisé l’invasion de l’Ukraine comme une excuse pour accroître leur dépendance aux combustibles fossiles, et non pour nous en libérer. Ils ont délibérément ignoré la simple vérité selon laquelle il existe des moyens meilleurs et moins chers d’alimenter notre monde en énergie que le pétrole, le gaz et le charbon. Pour eux, les combustibles fossiles sont l’équivalent énergétique de la testostérone.

Après l’invasion, les dirigeants de l’Union Européenne ont agi rapidement en coupant le gazoduc Nord Stream 2, un nouveau projet massif visant à acheminer du gaz naturel vers l’Europe. Les publicités ainsi que les aides au changement pour les pompes à chaleur, pour remplacer les appareils de chauffage au gaz et pétrole sont apparues, et la France doit prendre conscience que Macron est quand même un peu visionnaire.

Mais à long terme, le démantèlement de la dépendance de l’UE vis-à-vis de l’énergie russe est irréversible et constitue une preuve supplémentaire que la crise climatique entraîne des mouvements économiques et politiques difficiles à percevoir jusqu’à ce qu’une guerre éclate. « Ce n’est pas seulement notre climat qui change », c’est aussi notre géopolitique.

L’équilibre du pouvoir économique est également en train de changer rapidement. Tesla, le principal fabricant de véhicules électriques, vaut plus que les trois grands constructeurs automobiles de Détroit réunis. Les grands groupes pétroliers s’empressent d’investir dans les énergies propres. Les nations africaines se retrouvent aux prises avec de riches investisseurs chinois désireux d’exploiter leurs ressources. Les minerais tels que le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse et le graphite sont particulièrement demandés, car ils sont essentiels pour les batteries qui alimentent aussi bien téléphones portables que les véhicules électriques. « 70% du cobalt produit dans le monde provient actuellement de la République démocratique du Congo.

Pour cela, la guerre en Ukraine montre que les anciens voyous des combustibles fossiles ne vont pas se laisser faire tranquillement : le président brésilien, Jair Bolsonaro, autorise les compagnies minières à piller l’Amazonie et au Moyen-Orient, les cartels du pétrole ont jusqu’à présent refusé la demande de M. Biden d’aider à stabiliser les prix mondiaux du pétrole.

La guerre en Ukraine marquera la fin du règne de la Russie en tant que superpuissance énergétique. La dangereuse vérité est que Poutine a toujours assez de bombes nucléaires pour mettre fin à la civilisation telle que nous la connaissons s’il se sent coincé. Enfin, après la guerre, la Russie sera isolée et son économie décimée, un avenir commun avec l’Iran, la Corée du Nord, mais parlons-en dans 30 ans et voyons comment cela va fonctionner, si nous ne sommes pas morts d’ici là sous les bombes atomiques.

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