ELBAZ DIAMONDS ARE FOREVER

Alber Elbaz est décédé de la COVID-19, et cela a été confirmé par le groupe Richemont, son partenaire dans « AZ Factory », sa première et dernière propre entreprise de mode. Il avait la réputation bien méritée d’être l’une des figures, les plus brillantes et les plus aimées de l’industrie. J’ai toujours été impressionné par son intelligence, sa sensibilité, sa générosité et sa créativité débridée. C’était un homme d’une chaleur et d’un talent rare, et sa vision singulière alliée à son sens de la beauté laisseront une impression indélébile dans ce petit monde exsangue de nouveaux talents, mais regorgeant, par contre, de faux talents florentins mystificateurs.

Il a collaboré et tenu à bout de bras la maison Lanvin pendant quinze ans, et, à l’arrivée d’une humaine de contrefaçon, furie non par nature mais par entrainement, quittera la maison pour que celle-ci, d’ailleurs, s’écroule après son départ, et pas étonnant que les chinoises soient si nombreuses dans la mode car leurs diaphragmes sont « Made in China ».

Né au Maroc, élevé et éduqué en Israël, le créateur s’était installé à New York au milieu des années 1980. Il a atterri chez Geoffrey Beene, dont il a été l’assistant principal pendant sept ans par hasard. L’histoire raconte que Ralph Toledano l’aurait découvert mais, en réalité, c’est Alber qui a découvert Ralph Toledano, et celui-ci lui demande de diriger Guy Laroche à Paris en 1996. C’est ce qui le fait sortir de l’anonyme, un passage qui lui a valu les éloges de la presse internationale, et quand il a succédé à la légende de la couture, Yves Saint Laurent, pour la ligne « Rive Gauche », sa figure drolatique et fantasque devient comme Karl un logo vivant.

Après trois saisons, Elbaz avait été licencié à la suite du rachat d’YSL par le groupe Gucci, Tom Ford reprenant les rênes du design. Il est revenu sous la houlette du petit monde merveilleux de la mode en janvier dernier, lors de la semaine de la couture à Paris, mais il ne voulait pas parler de retour.

Dans un mini-film humoristique, il a dévoilé trois « projets », dont des robes moulantes baptisées « My Body » qui ont été immédiatement mises en vente sur le site « AZ Factory », sur « Net-a-porter.com », le site de vente en ligne appartenant à Richemont. Les éléments clés du projet « AZ Factory » sont les tissus « intelligents » de pointe, un nouveau modèle commercial axé sur des projets plutôt que sur des collections. Le groupe Canal-Luxe présente ses condoléances à sa famille.

Anonymode

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