IFM OUVRE LE BAL, LES GRANDES MAISONS GARDENT LES CLÉS

Non classé

Le calendrier masculin printemps-été 2027 est arrivé et, fidèle à la tradition parisienne, il promet une semaine d’intense activité stratégique autour d’un sujet aussi léger qu’un manteau en cachemire doublé de plomb : la mode. Soixante-quatorze marques, trente-six défilés et trente-huit présentations vont défiler sous les regards inspirés d’une foule savamment vêtue. L’ouverture reviendra aux étudiants de l’Institut Français de la Mode, charmant rituel où l’on applaudit l’avenir avec enthousiasme. Une coutume touchante, même si un détail persiste avec une régularité suisse : malgré la réputation prestigieuse de l’école, aucun élève n’est aujourd’hui à la tête d’une grande maison française ou étrangère. Une rampe de lancement dont les fusées semblent parfois préférer l’orbite théorique.

Pendant ce temps, les véritables souverains du calendrier restent solidement installés sur leurs trônes capitonnés. Louis Vuitton, Dior, Junya Watanabe, Comme des Garçons et Yohji Yamamoto occupent leurs créneaux habituels avec la sérénité des dynasties qui savent que personne n’osera déplacer leur heure du goûter créatif. Hermès opte pour une présentation discrète avant l’arrivée de Grace Wales Bonner, Saint Laurent revient dès le premier jour, Sarah Burton lance son homme Givenchy et Michael Rider dévoilera enfin le premier Celine masculin de son règne. Dans la mode, chaque « première collection » est annoncée avec le suspense d’une élection papale et la retenue dramatique d’une série historique.

Mais la saison réserve aussi ses petits caprices aristocratiques : Jacquemus disparaît du programme sans explication, laissant Kidsuper clôturer la semaine, pendant que Loewe préfère son format mixte et que Vetements débarque enfin sur le calendrier masculin. Guram Gvasalia et non pas Demna, justifie ce choix en expliquant que mars et septembre sont devenus une bataille entre conglomérats où chacun dépense plus que son voisin pour attirer l’attention, alors que la mode masculine garderait une âme plus authentique et culturelle.

Bref, à mon opinion : les festivals battent leur plein et il est plus agréable de parler « profondeur du vêtement » en terrasse au soleil qu’au milieu d’une guerre de logos. Paris continue ainsi son numéro préféré : faire passer une lutte féroce pour une conversation raffinée sur la poésie du pantalon. Bienvenue dans la Marrant & Cie.

FM