CHLOÉ POÉSIE SOUVERAINE
L’impatience agitait mon âme d’une ferveur secrète, tandis que s’ouvraient les portes de ce sanctuaire de la beauté, Chloé m’invitait à un spectacle de pures formes, un défilé conçu pour exalter les sens et ravir le regard d’un homme sensible au déclin des voiles et à la splendeur des silhouettes. Je m’y prêtais avec l’ardeur de ceux qui cherchent dans le visible l’écho d’une poésie invisible, prêt à rincer mon œil fatigué des laideurs du monde aux sources de cette élégance souveraine.
Les premiers pas des modèles résonnaient comme les battements d’un cœur exilé. La transparence de la mousseline se mouvait avec la langueur des vagues drapant les rivages de mes côtes de Bretagne, révélant la grâce des corps sans jamais en flétrir le mystère. Sorte d’hymne à la séduction, une procession qui faisait naître en mon sein un doux et coupable frisson.
Soudain, une harmonie nouvelle s’empara de la scène, semblable au murmure de l’ondée qui s’abat sur la solitude des rues de Paname. Des vêtements de pluie en tissus de verre et de brume, façonnés comme des larmes cristallisées. Ces parures étaient une véritable ode à la pluie. De même que l’averse d’orage, en s’abattant sur la nature sauvage, pour raviver les couleurs et en faire briller l’écorce.
Nymphe magnifiant la chair, la femme Chloé, ainsi parée de transparence, devenait pareille à une fleur des champs après la tempête : ruisselante, transfigurée par les pleurs du ciel. Le vêtement ne cachait plus, il devenait l’élément même qui divinisait la forme, un hymne mélancolique et superbe à la beauté mise à nu par les éléments. Seule ombre au tableau : les tennis de notre Président. « Marrant », mais c’est toujours mieux qu’une casquette de « Base Ball », ou une chansonnette !
FM

