OWENS SUR LE BITUME, L’ENFER DE DANTE

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Le soleil, qui rayonnait sur les bancs noirs, était comme une condamnation où les invités s’assoient avec inquiétude. Ces derniers rôdent à l’ombre des arbres aux alentourx du podium, et tendent la main comme des mendiants vers l’eau fraîche offerte mais déjà chaude. Owens a choisi ce four à ciel ouvert, ce bassin immobile où la chaleur tremble au-dessus de l’eau, pour y déployer son nouveau partenariat avec Adidas : le sport comme liturgie sèche, le survêtement trois bandes porté bas sur les hanches nerveuses de Tyrone Dylan, les coupe-vents « Climato cool » gonflés comme des chrysalides, et une promesse de fraîcheur faite à un coureur avant l’épreuve. Absurde ici, sublime peut-être demain.

Puis, viennent les mannequins minces à en faire peur, drapés de capes noires en polyester qui retiennent la chaleur comme des pénitences, ou pris dans des pantalons-cages de caoutchouc dur qui résonnent à chaque pas. Ils descendent les escaliers, ils longent la rampe de métal suspendue au-dessus de l’eau, ils ne tombent pas ou presque, car les bottes sont hautes, les semelles épaisses, la chaleur implacable… On retient son souffle. Owens a toujours fait défiler des fantômes dans un monde d’après ; ce jour-là, où l’apocalypse n’était plus une vision mais un décor.

Et pourtant, la collection tient sa promesse, et même davantage. Les t-shirts collent au corps comme une seconde peau, les manteaux portent leurs épaules hautes avec l’autorité tranquille des capitaines du « Tsar Putin ». Les blousons col Dracula reviennent, les sahariennes s’ajustent aux reins avec une précision industrielle.

Au pied de tout cela, une basket de running à la silhouette anguleuse, première du nom, signée Owens pour Adidas, annoncée pour l’an prochain, traverse la rampe avec une aisance qui ressemble à une grâce. Le résultat est très réussi. Dans cette chaleur-là, c’est presque un miracle.

FM ♥

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