LA CÉRÉMONIE DES MILLE COUPS DE LANGUE
Dans la douce lumière du matin, « Booba », le chat noir, ouvre le bal, silhouette d’encre posée au milieu de la terrasse, et avec une patience de moine et la précision d’un petit prince, il entreprend sa toilette. Passant sa langue sur son pelage jusqu’à faire luire chaque poil. Pendant ce temps, « Garage et Smoking », tout près, observent d’un œil tranquille, avant de se joindre au rituel. Chez eux, la toilette n’est pas une simple affaire de propreté, c’est une cérémonie silencieuse où chacun redessine son manteau de fourrure.
Puis, vient « Mini Minette », petite reine au cœur léger, qui s’installe avec la grâce d’une plume tombée du ciel. Elle lèche ses pattes, polit son museau, remet en ordre quelques moustaches rebelles. « Garage et Smoking » poursuivent leur ouvrage, tandis que « Booba », désormais impeccable, contemple la scène avec la dignité d’un vieux sage. Quatre oreilles frémissent, quatre queues se balancent, et le monde semble soudain réduit à ce paisible royaume de ronrons et de fourrures « soyeusement » arrangées qui ferait baver « Les Frères Sprung ».
Enfin, lorsque la toilette touche à sa fin, les quatre chats reposent côte à côte, chacun enveloppé dans son parfum familier. « Booba » ressemble à une nuit sans lune ou à un jour d’éclipse, « Garage et Smoking » à une brume douce, et « Mini Minette » à un petit nuage de tendresse.
Le silence se remplit alors de ronrons, minuscules moteurs accordés à l’unisson. La maison respire avec eux, bercée par cette étrange poésie féline où se laver devient un art, et où chaque coup de langue semble murmurer : « Voilà, maintenant, nous sommes prêts pour rêver. »
FM
