LA CAPITALE FOND AVANT LA FASHION WEEK

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« La chaleur, c’est supportable. C’est la bêtise humaine qui est caniculaire. Paris, le 21 juin 2026, la Fête de la Musique, 45e édition, et comme par hasard, le soleil a décidé de célébrer l’événement à sa façon en tentant d’occire tout le monde.

Les piétons se pressent sous les brumisateurs municipaux ; chef-d’œuvre de la technologie moderne qui transforme chaque Parisien en salade niçoise légèrement humidifiée. Qui osera danser sous ce soleil de plomb ? Quelques âmes courageuses, ou simplement désorientées. Car Paris, entre deux vagues de chaleur, après la fête, ressemble à une décharge à ciel ouvert où même les pigeons font la grève.

« Il faut imaginer Sisyphe heureux », disait Camus. Il n’avait pas imaginé Sisyphe en train de pousser son rocher à 42°C sur le boulevard Saint-Germain avec un mojito interdit à la main. Car oui. La consommation d’alcool est désormais interdite dans la patrie du vin.

Voltaire doit se retourner dans sa tombe avec une telle vélocité qu’il pourrait alimenter le réseau électrique d’Île-de-France. La France, ce pays qui a inventé le Bordeaux, le Bourgogne, et l’art de boire du rosé en débattant de philosophie, prie maintenant ses citoyens de rester sobres… sous une chaleur à décortiquer les huîtres sur pied. « Boire, c’est aussi boire à la santé des autres », murmurait Rabelais entre deux chapitres de Pantagruel. Les autorités, elles, boivent de l’eau minérale et appellent à la prudence.

Pendant ce temps, la Seine emporte ses mystères. Quatre adolescents. La noyade, ce silence brutal qui tranche au milieu des basses et des trompettes de la fête. Verlaine aurait écrit : « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. » Ce soir-là, il pleura sans pluie.

Et la mode, dans tout ça ? Dior et Rick Owens adaptent leurs horaires face à la canicule. On imagine les mannequins, stoïques dans leurs cuirs noirs, fondre lentement comme des bougies d’église tandis que le directeur artistique consulte la météo d’un air tragique. « La mode se démode, le style jamais », disait Coco Chanel. Elle n’avait pas prévu que le style pourrait littéralement se liquéfier sur un podium.

Quant à Coperni, a propos de liquéfier, placée sous administration judiciaire, la maison tente de reprendre le contrôle de son destin dans une chaleur caniculaire. Il y a quelque chose de profondément métaphorique à voir une maison de couture se battre pour sa survie au milieu d’une ville en surchauffe. Comme dirait Balzac : « Les grandes douleurs sont muettes » mais les créanciers, eux, appellent quand même.

Et puis il y a Pascal. Son clip. Triste. Immortel désormais. Parce que Paris, sous ses airs de fête bruyante et de brumisateurs opportunistes, garde toujours ce goût d’élégie. « Un seul être vous manque, et tout est peuplier », un seul clip peut suffire à tout repeupler de mélancolie. Entre les clubs parisiens qui résistent pour un chemsex géant pendant la fashion week et la musique qui déborde des trottoirs, les institutions de la mode qui chancellent et qui ne servent plus à grand chose… Aujourd’hui Il ne s’agit pas de transformer le corps, iI s’agit de changer l’institution, mais pour l’instant, l’institution transpire.

Et Paris, comme toujours, est magnifique dans son chaos. « Paris est bien une fête » (Oui, mais cette année,  pensez à vous hydrater, Hydrate and seek.)

FM♥