COCO ET DIOR

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J’ai regardé hier, dans un Paris occupé par les nazis, la nouvelle série d’Apple, qui met en lumière deux figures emblématiques de la mode du moment, Christian Dior, le bon samaritain et Coco Chanel, la diablesse, que la collaboration visiblement n’a pas vraiment gênée. Vision contrastée des deux couturiers, présentant Coco Chanel comme une marie-couche-toi-là, opportuniste, et Christian Dior, le bon samaritain ; la série serait-elle financée par le seigneur des Arnault ?

Historiques documentaires, notamment celui d’Hal Vaughan dans son livre « Sleeping with the Ennemy », révèlent que Coco avait entretenu une relation étroite avec un officier nazi, Hans Günther von Dincklage, officier des services de renseignements militaires allemands. Elle aurait également tenté d’utiliser ces relations pour récupérer le contrôle total de sa marque de parfum, Chanel Nº 5, détenue en partie par les frères Wertheimer, partis aux États-Unis avant les rafles.

Christian Dior, quant à lui, est perçu sous un jour favorable, pendant cette période sombre, grâce à sa sœur, Catherine Dior, qui était, en effet, une résistante active et qui fut arrêtée par la Gestapo et déportée à Ravensbrück, ayant refusé de dénoncer son réseau. Elle survécut à la guerre, mais cette expérience a profondément marqué Christian Dior, influençant son travail et son engagement.

Le couturier crée sa maison et son premier parfum avec l’argent de Boussac, mais n’arrive pas à lui trouver un nom. Un jour que Mitzah Bricard, sa muse et conseillère artistique, se trouve dans les bureaux de ce dernier, Catherine Dior entre. Elle s’exclama alors : « Tiens, voilà Miss Dior ! » Christian Dior répond alors avec enthousiasme : « Miss Dior ! C’est ça, c’est le nom du parfum ! »

Avec son cadre historique riche et ces personnages complexes, la nouvelle série d’Apple aurait pu offrir une vision plus nuancée de la vie à Paris pendant l’Occupation. En mettant en lumière les actions de Coco Chanel et de Christian Dior, elle soulèvera sans doute des questions sur la moralité, la survie et l’héritage historique. Bientôt, peut-être, que nous verrons cela : il y aura les français qui fuiront à l’étranger, et ceux qui se bâteront jusqu’à la mort, contre des Russes assoiffés de sang. L’histoire en marche se répète toujours.

FM