PLUIE SUR LONDRES, PAILLETTES POUR L’ENNUI
Après trois ans d’absence, et un dernier article qui avait fait à sa carrière l’effet de la mousson dans un crachat, le créateur a jugé qu’il était temps de revenir sur les podiums. Londres, trempée jusqu’à l’os, offrait un décor idéal pour ce miracle climatique : Macdonald, messie du polyester, venait apporter le soleil, mais nous, nous avons vue l’éclipse.
Le défilé s’est tenu au pied du Shard, ce gratte-ciel de Renzo Piano, gigantesque godemichet architectural pointé vers les nuages comme une prière indécente. Difficile de ne pas soupçonner que cette vision verticale ait inspiré la collection, tant elle semblait conçue pour être vue de loin, très loin, idéalement par quelqu’un d’astigmate comme la pyramide de la Reine Magot à Paris.
Les mannequins, drapés de paillettes comme des boules à facettes anthropomorphes, évoluaient devant la skyline londonienne pour un survol au-dessus d’un nid de cocottes consentantes. On aurait juré un enterrement de vie de jeune fille sponsorisé par Swarovski.
L’été dernier, Macdonald avait découvert le Shard au crépuscule après un cocktail de gin arrosé d’un Vermouth à la Elton. Ainsi, ému par les reflets irisés, il obtint la permission d’y organiser son défilé. Il tenta de recréer ces couleurs dans une collection scintillante, prouvant une fois de plus que l’imagination peut être un très beau filtre de lunettes moites pour nuits blanches.
Dans un coup de génie stratégique, il décida de se consacrer exclusivement à l’été, mais en Grande-Bretagne, c’est un geste presque politique, comme vendre des skis au Sahara ou lancer une collection de parapluies dans le comté d’Orange. Le timing était parfait : il pleuvait sans discontinuer, le ciel était gris comme une carrière parlementaire, et Macdonald proposait des maillots de bain ultra-glamours pour hommes politiques ayant dealé avec la coqueluche du moment : Epstein. On ne sait jamais, après tout, si la Tamise décide de faire un remake de Venise, les larmes des femmes abusées seraient peut être entendues.
Dans son univers de roses dorées, les robes sont fendues comme celles de notre plus parisien des Libanais Elie Saab, mais avec la subtilité d’un copier-coller enthousiaste. Robes Charleston à franges pour « une danse avec les louves » lesquelles resemblaient davantage à des caniches en strass qu’au film de Kevin Costner.
C’était joyeux, non. Lumineux, certes. Les Londoniennes pouvaient retrouver une lueur qu’elles n’avaient pas vue depuis des semaines. Mais, en matière de nouveauté, Macdonald reste fidèle à lui-même : un hommage constant à ce que d’autres avaient déjà fait en mieux, mais bon, il n’a pas la « Galles ».
FM


