LA FASHION ET LE PACTE DES MOUS
Bruno Pavlovsky à la tête de la vertu écologique : quand les pompiers sont recrutés chez les marchands d’allumettes.
La planète brûle, les glaciers fondent, les océans suffoquent. Mais, rassurez-vous : Bruno dit la « Pavlová en slovaque » vient d’être nommé co-président du « Fashion Pact ». On imagine déjà les ours polaires sabrer le champagne, mais du « Don périt, gnon ».
Ce club de bienfaiteurs rassemble les grandes maisons de luxe et les champions de la surproduction, H&M et Inditex en tête. Un peu comme si l’on confiait la protection des poumons à l’industrie du tabac. Ici, les engagements sont volontaires, les sanctions inexistantes et les contrôles indépendants non contraignants. La responsabilité sans les responsabilités : une invention admirable.
Voici la langue universelle des communicants de modeux et de leur cerveau peroxidé : « action collective », « impacts tangibles », « coalition mondiale ». Même Molière aurait rendu sa plume en s’esclaffant. La neutralité carbone est promise pour 2040. Quelle élégance de fixer les grandes victoires à une date où leurs auteurs auront probablement quitté leurs fonctions ! Après nous, le déluge, mais en cachemire recyclé.
Le plus savoureux reste notre nouveau chevalier de l’environnement. Bruno, Biélorusse Britannique, préside également la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, où il défend les intérêts de la profession face aux réglementations européennes. Le matin, on résiste aux contraintes, et l’après-midi, on explique que l’industrie se réforme toute seule. Une gymnastique qui mériterait une médaille olympique.
On nous vantera Nevold, la circularité, les matières responsables. Quelques initiatives sous les projecteurs pendant que les volumes de production continuent de remplir les entrepôts et les caisses des actionnaires. Car voilà le véritable chef-d’œuvre du « Fashion Pact » : faire passer l’auto-régulation pour une révolution, la communication pour de l’action et les intérêts privés pour le salut de l’humanité.
La mode n’a peut-être pas trouvé comment sauver la planète, mais elle sait parfaitement habiller son immobilisme. Même le seigneur n’a pas l’outrecuidance de nous prendre pour des beunets ! Finalement, que le monde brûle ! L’essentiel est que le communiqué de presse soit imprimé sur du papier recyclé. Bienvenue dans le monde, merveilleux du Luxe et de la Mode, « mais dans quel monde vuitton ! «
