FOOTEUX ET TITANS DU LUXE

Non classé

Dimanche soir, la pelouse sera en alcantara, et les semelles avec crampons vernies de rouge pour nuit noire : Le Stade Rennais affrontera le Paris FC dans un Derby qui ressemblera plus à une vitrine de la place Vendôme qu’à une supérette d’Aubervilliers. En tribunes, on n’agitera pas les écharpes, on exhibera plutôt des carrés de soie « Dior J’adore ».

Sur le terrain, les joueurs sembleront sortis d’un défilé capsule “ligue des champions haute couture”, avec des maillots logotypés. Le ballon, lui-même, hésitera entre le cuir d’agneau plongé et Nappa..qui ne sera pas de « Della Valle ». Dans les loges VIP, duel à fleurets mouchetés : Kering contre LVMH, soit Pinault Prince de Venise contre le Seigneur des Arnault, cela sera moins un match retour qu’un “retour sur investissement émotionnel”.

Les crampons griffés Gucci tenteront des crochets couture, tandis que les chaussettes LV feront des appels dans le dos de la défense avec une élégance presque indécente, glissant entre les lignes comme des ombres parfumées d’Allegoria. Rennes jouera la carte artisanale d’une Bretagne qui pique comme une cuillère à pot de Corsaire.

Paris FC répondra avec une mécanique horlogère qui sonnera comme une minute d’anthologie d’un Breakfast at Tiffany. Et puis à la 90e minutes, tout basculera : une semelle Gucci glissera sur un lacet Fenti rebelle, et le ballon décidera de vivre sa vie de cuir libre. But improbable, célébration en slow motion façon défilé, et au coup de sifflet, personne ne sait vraiment qui a gagné… sauf les sponsors. Mais, dans ce match-là, même le nul est cousu main, et la VAR vérifiera surtout si le style est validé. Véritablement, dans quel monde Vuitton.

FM