RABANNE OU L’ÉLÉGANCE DU CHAOS ORGANISÉ

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Lors de mon séjour au Royaume-Uni, j’ai aperçu en novembre dernier, Julien Dossena se livrer à une activité très britannique : chercher des robes vintage, sous la pluie, au marché de Portobello, et dans quelques boutiques de Brighton. Il a trouvé des robes des années 40. Enfin… des robes qui prétendent avoir quarante ans. En matière de mode, l’âge est une question délicate : certaines robes naissent vieilles, d’autres rajeunissent en vitrine voire la dernière collection de Chloé

Ainsi à Paris, Rabanne et les années 40 sont de retour comme par hasard : pulls Jaquard, prince de galle et tricots colorés à la Niki de Saint Phalle : bref, tout brille tellement que les souvenirs eux-mêmes ont l’air fraîchement repassé par la vieille déjantée Vivianne Westwood.

Une vision punk attendue, il superpose des vestes à carreaux oversize, très gentleman britannique, à des robes scintillantes qui visiblement ont raté le dernier train pour la respectabilité et ne sifflera pas trois fois. On a également vu des pantalons Zoot aux plis larges et des trenchs incertains avec des cols en fourrure bicolore comme si deux animaux s’étaient mis d’accord pour une hybridation forcée.

Dossena semble savourer l’instant, il a réussi deux choses difficiles : transformer ces robes à thé fétiches en veau marin, ou en étron d’éléphant. Dans le luxe, on parle beaucoup de tradition, tellement, d’ailleurs, qu’on finit parfois par entendre surtout le silence de la création.

Il dit aimer un style brut et libre, qui accepte le chaos du moment. Il vient d’ailleurs de déménager près de la Gare du Nord, quartier où l’on voit des gens marcher avec une élégance improbable. Ils mélangent les styles, parfois le bon goût avec le mauvais… ce qui est une excellente manière d’obtenir un goût très personnel pour les magazines de moche.

En revisitant le style punk, sa raison a été :  » Je ne connais aucune femme trop apprêtée. Mes clientes travaillent, elles sont mères, épouses, filles… elles sont occupées, et pour lui autrement dit, elles n’ont pas le temps d’être parfaites ». Il ne connait, à mon avis, aucune femme du tout. Incroyable non ! Ou comment on peut dire des évidences en étant ors de la réalité.

FM