LE KORS DE MON AMI

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La collection automne de l’an 2026 inscrira dans le livre du temps la quarante-cinquième année de la carrière de Michael Kors. Pour consacrer cet anniversaire, il a invité, un soir de semaine, la société élégante de la grosse pomme au Metropolitan Opera, ce temple moderne où l’art et la vanité se rencontrent sous des voûtes de lumière. Evoquant sa longue route comme une avenue de Manhattan, il a confessé que le principe secret de son œuvre avait toujours été l’amour du raffinement, du glamour et du luxe, tempéré par une inclination pour la nonchalance ; ce confort qui est comme la douceur d’un repos au bord du monde.

New York demeure une contradiction sublime : cité souveraine et tyrannique, elle est tour à tour austère et fastueuse, sévère et féerique, pareille à ces capitales antiques où la splendeur naît de l’excès.

Le style fluide du créateur se révéle dans des métamorphoses singulières : un pantalon gris qui devient jupe à traîne, comme si la rigueur masculine se souvient soudain de la grâce d’un blazer de laine tropicale qui se laisse attendrir par un pan coupé en biais, accompagné d’un col roulé noir sans lourdeur, comme un voile sur une statue.

Le jour s’orne de jeans somptueux, droits et nobles dans leur simplicité, mêlant le cachemire au coton. Les manteaux se dressent comme des architectures avec leur col théâtral. Des cabans magistraux, avec étoles de fourrure, et gants de cuir donnent à la maille la dignité d’un édifice.

Un haut noir, vaporeux comme une fumée d’encens, s’allonge en traîne tout en conservant la désinvolture d’un simple T-shirt.  Il s’unisse à un pantalon de georgette de soie, constellé de micro-paillettes, semblable à un ciel nocturne sur une avenue de Carmel.

Enfin, des étoles intégrées achèvent ces apparitions, prêtes à envelopper la femme moderne comme une aura, afin qu’elle entre dans la ville avec cette majesté tranquille qui fait croire, un instant, que la mode touche à la poésie parfois.

FM