JACQUEMUS ÉLOGE DU PALMIER DÉCORATIF

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Jacquemus revisite le « New Look » de Dior sur la croisette du musée Picasso en le cosmétisant, enfin bref en le citant. Ses équipes exécutent pendant que lui orchestre, car il ne coud pas le petit « Salo nnais », il ne dessine pas, mais sait très bien pointer. Les boucles d’oreilles empruntées à Schiaparelli comme deux pinces de crabe passent pour un hommage, ainsi que le manteau rouge qui devient soudain un « clin d’œil », comprenez : une révérence opportune à la mort de Valentino. Chez Jacquemus, tout est référence, rien n’est d’origine, et l’émotion sert surtout de vernis conceptuel.

La collection s’appelle PALMIER. Pourquoi un palmier ? Probablement parce qu’il est en ligne de plage, symbole parfait de l’évasion facile ou évasion « fascial » c’est selon, pour finalement prendre l’argent après avoir dupé tout le monde et se tirer à l’autre bout de la planète pour un rêve de luxure et de paresse, parfaitement instagrammable, et surtout parfaitement creux.

Et c’est là que le bât blesse, Jacquemus ne construit pas, il assemble avec les outils des autres. Il ne coupe pas, il recadre, il ne coud pas, il cite. Tout est en surface. Finalement, ce palmier est une excellente idée : bien planté, immobile, décoratif. On espère seulement qu’à l’ombre, il trouvera le temps de reprendre quelques cours de modélisme et de couture.

FM