ZEGNA LÀ OÙ LE TISSU DEVIENT MÉMOIRE
« Je suis le gardien de ces ombres familiales », confie Alessandro Sartori, évoquant une mémoire vestimentaire où chaque pièce, à l’instar des lieux de Proust, recèle des strates de temps et de gestes répétés. Ce vestiaire n’est point un musée, mais un palais de la mémoire, où les tissus relient les saisons passées aux corps présents.
Les mannequins en émergent en incarnant une dialectique entre tradition et mouvement. Leurs silhouettes, diverses et fluides, composent une phrase musicale où chaque détail, un col de daim, un cardigan matelassé, devient une note dans la symphonie du quotidien.
La veste Conte s’allonge, et se transforme sans perdre son essence : une élégance qui dure. Le tissu Trofeo porte en lui l’étoffe même du temps tandis que les tricots, doux comme les après-midi de Flaubert, invitent à une lenteur féconde. Un vestiaire comme paysage intérieur qui veille sur l’éternel, retour du même non pas comme répétition, mais comme renaissance.
FM




