LA MODE 2026 UNE ODYSSÉE ENTRE PLATON ET LES HÉROS DU LUXE
À l’horizon 2026, le monde de la mode entre dans une phase que les acteurs eux-mêmes qualifient de difficile. Ce glissement lexical, de l’incertitude vers la difficulté, marque un passage décisif. Comme l’écrivait Platon, « le commencement est la moitié du tout » : nommer l’épreuve, c’est déjà l’affronter. Les dirigeants ne sont plus dans l’attente anxieuse, mais dans l’acceptation lucide d’un combat prolongé, semblable aux affrontements de l’Iliade, où la conscience du destin qui n’empêche ni l’action ni le courage.
Les forces à l’œuvre ne sont plus visibles, mais elles n’en sont que plus redoutables. Instabilité géopolitique, désordre macro-économique, fragmentation des échanges et retour des droits de douane composent un champ de bataille diffus. Certain philosophe avertissait que « l’excès en tout est un défaut » ; l’excès de mondialisation comme celui de repli produit aujourd’hui ses propres impasses. À cette complexité s’ajoute la fragilité humaine que résume avec justesse, je ne sais plus qui, : « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant » et pour les Bimbos, on parlera de roseau dépensant. Le consommateur contemporain, conscient de sa vulnérabilité, hésite, économise, et devient imprévisible.
Dans cette traversée incertaine, la croissance s’affaiblit et le désir se transforme. Les comportements d’achat se recentrent sur la valeur, le sens et la prudence. Pascal notait que « nous ne nous tenons jamais au temps présent » : les consommateurs vivent désormais entre la peur du lendemain et la nostalgie d’une abondance révolue. Le secteur de la mode entame ainsi une Odyssée moderne, faite de détours régionaux, d’ajustements constants et de stratégies différenciées entre l’Europe prudente, l’Amérique contrastée et la Chine plusque jamais présente !
Le luxe, cependant, semble incarner une figure plus endurante. Après une année difficile, il espère renaître par la créativité, la fidélité des clientèles fortunées et le retour du voyage. Il progresse non par la force, mais par l’intelligence de l’adaptation, confirmant l’intuition de Platon selon laquelle « la nécessité est la mère de l’invention ». Cependant, cette renaissance reste fragile, car, comme le rappelait Pascal, « trop de lumière éblouit » : l’excès de visibilité, de prix ou de certitudes pourrait fragiliser ce qui cherche à durer. Dans ce monde instable, la mode apprend ainsi une leçon ancienne : survivre n’est pas triompher, mais persévérer avec mesure, lucidité et pensée.
FM
