LA MODE PRISE LA MAIN DANS LE FAUX
C’est encore la mode qui se retrouve sur le banc des accusés. Et pour cause ! Derrière ses vitrines immaculées et ses discours sur la créativité, l’industrie de la mode trafique l’opinion comme elle trafique les saisons. Quand des marques achètent des avis cinq étoiles ou incitent leurs clients à s’extasier sur un « Chiquito » ou un « 255 », il ne s’agit pas de marketing ingénieux mais d’une mascarade numérique. Un maquillage de la vérité aussi épais qu’un fond de teint de Lauren Sánchez également appelé « Miss silly conne Valley ».
Avec l’honnêteté piétinée, la concurrence étouffée, le bouche-à-oreille, jadis fragile et humain, est désormais transformé en monnaie falsifiée. La mode, qui se prétend avant-gardiste, adopte les méthodes les plus vulgaires du mensonge industriel. Elle ne séduit plus, elle manipule. Elle n’inspire plus, elle corrompt.
Face à cette dérive, la Federal Trade Commission (FTC) a dû hausser la voix. Une voix encore feutrée, presque polie, mais chargée de menaces. Des avertissements ont été envoyés comme des coups de semonce à ceux qui prospèrent sur cette tromperie systémique. Dix entreprises ont reçu des lettres leur rappelant que l’illusion a des limites et que le droit, parfois, finit par regarder derrière le rideau.
La FTC ne parle pas encore de culpabilité avérée, elle parle de soupçons, de plaintes, de signaux concordants. Elle parle surtout de responsabilité. Car les faits sont là : documentés par les consommateurs eux-mêmes et, par les aveux à demi-mot des entreprises. Les règles existent mais les enfreindre à répétition, c’est s’exposer à des poursuites fédérales et à des sanctions pouvant atteindre 53 000 dollars par infraction. Le prix de chaque mensonge est enfin chiffré.
Personne ne dévoile les noms, mais le message est clair. Il s’agit de rééquilibrer un terrain de jeu faussé par des critiques fictives et des louanges de commande. De forcer la mode à retirer ses faux miroirs et ainsi de rappeler à une industrie ivre de son propre récit que la crédibilité ne s’achète pas, et que la confiance, une fois salie, laisse des tâches plus tenaces que celles de Didier Grumler sur la veste de Thierry Ardisson.
FM
