UNE ANNÉE DE DÉCHÉANCE MORALE

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Véritablement, 2025 restera dans les annales comme l’année de ma grande déchéance morale. Une année d’une rectitude si parfaite qu’elle en deveindrait suspecte. Pas la moindre accusation mensongère, pas l’ombre d’un scandale judiciaire croustillant, pas même un soupçon de tragédie surmédiatisée pour meubler les dîners parisiens mondains. Le vide. Le néant narratif. Comment exister, aujourd’hui, sans un minimum de chaos pénal à son actif ?

Pire encore, je n’ai pas connu la prison. Pas même une semaine symbolique, ce sas initiatique où l’on ressort avec un regard grave, un livre à écrire et une tournée de plateaux télé déjà programmée. Aucun geôlier n’a nourri ma légende, aucune cellule n’a forgé mon storytelling. Résultat, aucun manuscrit fiévreux sur la rédemption, aucune couverture noir et blanc, aucun bandeau rouge promettant une vérité “brute et nécessaire”. Littérairement, 2025 fut une cellule… sans barreaux.

Sur le plan financier, la catastrophe fut totale. J’ai payé mes impôts. Intégralement. Sans montage alambiqué, sans paradis fiscal au nom d’oiseau exotique, sans optimisation si créative qu’elle frôle l’art contemporain. Pas de fraude, pas de défiscalisation hystérique, pas d’argent égaré dans des poches amies. Une comptabilité droite comme un fonctionnaire zélé, l’ennui fiscal poussé à son paroxysme. Même le fisc s’est ennuyé avec moi.

Vous comprendrez donc que 2025 fut, objectivement, une année de merde. Une année sans panache, sans chute spectaculaire, sans faute rédemptrice. Une année où j’ai été sage, honnête, transparent. Autant dire invisible. Mais gardons espoir. 2026 approche, affûtée comme un titre de presse à sensation. Et si je ne deviens pas un homme meilleur, je pourrais au moins devenir un homme plus intéressant. Ce serait déjà beaucoup. Néanmoins, je vous souhaite un belle et heureuse Année 2026

FM