OFF BLACK MAYBE

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Pour un artiste venu de nulle part ailleurs, IB Kamara sait fasciner les foules. Je vous recommande cette collection, vous pouvez la voir les yeux fermés. Hier, Off-White retrouvait New York après une saison parisienne, et Kamara avec son équipe avait décidé de ne rien laisser au « Bazar ». Investissant le toit de la New Design High School, dans le Lower East Side, là où j’habitais autrefois, pour transformer le bâtiment en un panorama vivant.

Des Graffeurs ou gaffeurs, c’est selon… pinceaux et bombes en main, ont recouvert les murs d’un hommage brut, où chaque couleur semblait respirer l’âme de la ville, en faillite autrefois. L’événement ressemblait autant à un vernissage qu’à un défilé de mode. Ou peut-être même à un match de basket improvisé. Les bimbos de New York, spectatrices silencieuses et majestueuses, semblaient juger chaque détail avec un mélange de curiosité et d’incompréhension ; normal avec seulement deux neurones dans leur poche.

En coulisse, le « créa triste » parlait d’une autre exportation new-yorkaise, plus vaste. Avant sa disparition, Virgil Abloh affirmait que « le streetwear était mort ». Visiblement Kamara n’est pas du même avis. Tout au long de l’année, lors de trois défilés successifs, il a exploré ce langage, mêlant sport, culture biker, Afrique de l’Ouest et, naturellement, le streetwear.

Faire exister la ville à travers son rêve, lui qui n’a jamais connu l’Afrique, et de rappeler, sans bruit, que même un toit peut devenir un continent à lui seul. Ne pas oublier que la ville dépense environ 20 à 30 millions de dollars par an pour le nettoyage des graffitis sur les bâtiments publics et privés qu’on se le dise. Le groupe du seigneur fera-t-il le nettoyage ?

FM