LES JIKATABI COPIÉS PAR LA KARDA
Les jikatabi sont des chaussures traditionnelles japonaises au design reconnaissable à leur séparation des orteils. Contrairement au folklore paresseux qui les colle aux ninjas de pacotille, elles sont nées au début du XXe siècle sous l’impulsion de Tokujiro Ishibashi, frère du fondateur de Bridgestone.
Il n’en fallait manifestement pas plus pour que La Kim Kardashian s’en empare, les recycle, les dilue, puis les sert tièdes dans une association opportuniste avec Nike. Cette mécanique de copies culturelles, pudiquement rebaptisées “inspirations”, a permis à l’empire Kardashian d’atteindre une valorisation obscène de 5 milliards de dollars, tout en tirant dans son sillage des marques comme Alo ou Lululemon. Peu importe que certaines trébuchent ensuite, l’important est d’avoir pressé le citron jusqu’à la dernière goutte pour changer sa Rolls.
Voici donc celle que l’on a accueillie à bras ouverts à la Paris Fashion Week, et qui, désormais, ne se contente plus de prospérer sur le dos des couturiers français, mais s’attaque aussi aux cultures qu’elle ne comprend pas. Ce pillage est presque logique chez quelqu’un qui n’a rien à transmettre, rien à défendre, rien à incarner.
Rien d’étonnant, au fond, chez quelqu’un qui n’a ni héritage intellectuel, ni regard, ni vision. Kim, la surface brillante ou tout glisse, et rien ne s’imprime. La Trump au féminin, mais sans même l’effort de la caricature politique. Même brutalité marchande, même indifférence aux autres, même obsession du chiffre.
Une femme d’affaires “successful”, certes ! Mais culturellement analphabète, éthiquement creuse, et fièrement hors-sol. Un miracle de vacuité transformé en empire.
FM

