LAUREN CONSTELLATIONS SUR LE VELOURS
La foule de la mode revient comme une marée parfumée dans la grosse pomme : Anne, Ariana, Emilia, Lana, et d’autres constellations de femmes s’asseyant dans la galerie comme dans une chambre secrète du temps où l’automne descend sur les arbres comme une pensée mélancolique sur l’âme, dorant les feuilles d’une lumière qui semble déjà un souvenir. Les murs respiraient des forêts peintes à la main, les rideaux de velours retenaient la nuit, les tapis anciens murmuraient des pas disparus, et le cuir fatigué gardait la mémoire des corps. Tout était là : les souvenirs d’une maison rêvée, où les vêtements étaient empilés sur la peau, comme si la saison des brumes était une chose que l’on pouvait toucher.
Les fauteuils léopards gardaient la chaleur des songes, les cuirs usés savaient le poids des années, et chaque objet semblait dire : j’ai été touché par le temps, donc je suis vivant. Ralph Lauren, comme un jardinier du passé, avait planté ses souvenirs, faisant fleurir des manteaux lourds comme des bibliothèques, et soies qui se souvenaient du vent. La maison devenait une saison, sa saison devenait une peau, et la peau, un territoire où l’automne apprenait à écrire son nom. Sublime, mais j’ai toujours adoré voir ma dulcinée du Toboso en Ralph Lauren.
FM

