COURRIER DES LECTEURS
Monsieur, à vous lire, on dirait que le monde entier a eu le mauvais goût de ne pas vous consulter avant de se construire. Votre catalogue des lamentations tient lieu d’analyse, et votre pessimisme de pensée. Un peu de nuance, voire un argument, ne ferait pas de mal à vos prochains articles.
BP
RÉPONSE DU COURRIER DES LECTEURS
Monsieur,
Je vois dans l’humour une déclaration de dignité, quant à vous, vous tenez le registre des doléances. Chez vous, la phrase est molle, et le désespoir est de commande.
Votre mot à la tristesse de Bernanos sans la ferveur, la rancœur de Léon Bloy sans l’éclat, et le pessimisme de Schopenhauer sans le moindre début d’argument. On y cherche une idée comme on cherche un cèdre dans un jardin de banlieue : on y trouve surtout de la pelouse bien tondue et beaucoup de plaintes.
Quant au mépris du monde, Monsieur, il faut l’avoir mérité : les grands pessimistes, dont je fais partie, ont d’abord regardé le monde en face, alors que vous le contemplez à travers le pare-brise de votre propre ennui. Revenez quand vous aurez un style, ou à défaut une thèse. Même le néant, même en littérature, exige un peu de tenue, Le trône du vide n’attend plus que vous, établissez votre empire sur ces terres oubliées, soyez-en le souverain, mais surtout, restez-y !
FM
