ALTUZARRA 2026
Être femme, cette chambre chaude où le monde se dénude, et avoir dans la gorge la douceur du miel et dans le ventre la foudre de jupiter. J’aurais voulu être celle qui donne la vie et donne à l’homme la faim d’un vin qui se répand dans la nuit,
Poétesses aux mille cœurs, constellations palpitantes au-dessus des palmeraies indociles, corps fait de couleurs et de climats, blondes comme l’aube berbère, noires comme la braise saharienne, blanches comme les patios de Fès où la lune se repose, elles portent la révolte dans leurs hanches, le murmure dans la nuque, la promesse dans leurs paumes ouvertes.
Volupté des nuits fauves, désirs pris en contre-champ comme des photographies tremblantes, là où la peau devient un pays et la bouche une frontière sans douane. On aurait pu me dire cela chez Alaïa, chez Saint Laurent, dans ces cathédrales où le tissu épouse le corps comme une confession tardive. Mais, chez Altuzarra, j’aurais voulu qu’on me parle de la Dulcinée du Toboso, de l’amour impossible qui fait tourner les moulins, et de Cervantes qui savait que le désir est le plus noble des délires.
Ce n’était ni beau ni laid, c’était intouchable, comme un corps que l’on désire sans oser le nommer. Tout était « Altu Zara », donc presque dérisoire, comme une caresse lancée dans un palais de verre, avec cette obstination, cette poussée obscure et ce désir d’exister. Et le désir était même déguisé en vérité nue qui ne l’était même pas.
FM

