VIVRE OU SE RACONTER UNE ILLUSION CONTEMPORAINE
FM. : Vous dites que vous “débloquez l’invisible”. On parle de quoi exactement ?
Odile Laganier :![]()
De ce qui freine en silence. Ce n’est pas forcément spectaculaire. Ce sont des automatismes, des loyautés familiales, des croyances héritées, des mécanismes de protection, des non-dits, des peurs, parfois juste un mauvais câblage avec le monde. La plupart des gens pensent qu’ils ont un problème de stratégie. En réalité, ils ont un conflit intérieur non résolu. On ne peut pas piloter sa vie si une partie de soi est encore en train de survivre.
FM. : Beaucoup de vos clients ont “réussi” sur le papier. Pourquoi viennent-ils quand même vous voir ?
Odile Laganier :![]()
Parce que la réussite externe ne remplace pas la paix interne. On peut avoir coché toutes les cases mais ne pas habiter sa vie. On peut être applaudi mais pas aligné. On peut avoir la bonne trajectoire mais pas la bonne énergie. Et quand ça se voit, c’est tard. Quand ça se sent, c’est le bon moment pour intervenir.
FM. : Concrètement, comment vous travaillez ?
Odile Laganier :![]()
Je travaille en spirale. Je ne sépare pas le psychique, le cognitif, le corporel, le relationnel et le stratégique. Je fais dialoguer l’analyse avec l’inconscient, l’intention avec le corps, l’identité avec le contexte. Une transformation n’est jamais linéaire. C’est toujours une recomposition.
François M. : Pourquoi avoir créé deux marques distinctes, Oui4Success et We4Success ?
Odile Laganier :
Parce qu’on ne peut pas tout faire rentrer dans un seul contenant. Oui c’est le rapport à soi, au désir, au fonctionnement interne, à l’inconscient, à la réparation. We c’est le collectif, l’entente mutuelle, le pilotage des équipes, l’architecture des interactions. Les deux mondes dialoguent. On ne peut pas avoir des organisations qui tiennent si les individus sont en survie, ni des individus qui s’accomplissent dans des collectifs inflammables. J’ai voulu arrêter de fragmenter ce qui se tient ensemble.
FM. : On vous voit travailler avec des legos, des protocoles hypnothérapeutiques, du diagnostic de soft skills, de la systémique… Ce n’est pas commun.
Odile Laganier :![]()
Oui, et tant mieux. Les humains ne sont pas unidimensionnels, pourquoi les outils le seraient ? Je n’utilise rien pour le décor. Chaque outil est une porte d’entrée différente vers le même objectif : rendre visible ce qui bloque et remettre en mouvement ce qui a du potentiel.
François M. : Quel est le plus grand malentendu sur le changement ?
Odile Laganier :![]()
Que ça se décide avec la tête. Le changement se tolère avec le corps, se sécurise avec l’émotionnel et se pilote avec l’esprit. Si l’un des trois n’est pas embarqué, ça ne tient pas. C’est pour ça que beaucoup de transformations échouent : elles sont pensées, mais pas habitées.
FM

