{"id":9391,"date":"2025-10-12T08:45:34","date_gmt":"2025-10-12T06:45:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mouclier.com\/?p=9391"},"modified":"2025-10-12T08:45:34","modified_gmt":"2025-10-12T06:45:34","slug":"diane-la-grace-des-jours-singuliers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/2025\/10\/12\/diane-la-grace-des-jours-singuliers\/","title":{"rendered":"DIANE LA GR\u00c2CE DES JOURS SINGULIERS"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Il est des \u00eatres dont le v\u00eatement devient le reflet de l\u2019\u00e2me, et Diane Keaton, chaque \u00e9toffe port\u00e9e, semblait recueillir un peu de sa pens\u00e9e, chaque accessoire, un fr\u00e9missement de son esprit libre. C\u2019\u00e9tait un style bien \u00e0 elle, large chapeau pos\u00e9 comme un diad\u00e8me de d\u00e9fi, lunettes qui filtraient la lumi\u00e8re du monde, gilets ou cols roul\u00e9s serrant la gr\u00e2ce discr\u00e8te d\u2019un cou de femme, cravates ou foulards gliss\u00e9s non pour s\u00e9duire, mais pour signifier l\u2019ind\u00e9pendance. Le pantalon \u00e0 plis, ample comme une respiration, s\u2019accordait \u00e0 la veste, parfois en tweed, parfois en velours ; et dans ce m\u00e9lange d\u2019audace et de mesure, elle avait trouv\u00e9 sa v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1020\" data-end=\"1439\">On parla du \u00ab style Annie Hall \u00bb. On se trompait. Ce n\u2019\u00e9tait point un r\u00f4le, mais une r\u00e9v\u00e9lation : le \u00ab style Diane Keaton \u00bb. D\u00e8s son apparition dans le film de Woody Allen, ce langage de v\u00eatements devint une signature \u00e9ternelle, et la consacra ic\u00f4ne. On lui remit un Oscar, comme on d\u00e9cerne \u00e0 une muse la couronne due \u00e0 son \u00e9clat, mais d\u00e9j\u00e0, l\u2019hommage semblait en de\u00e7\u00e0 de ce qu\u2019elle incarnait : la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1441\" data-end=\"1893\">Cinquante ann\u00e9es pass\u00e8rent, et la mode, comme un fleuve, changeait de cours ; mais Diane demeurait fid\u00e8le \u00e0 son rivage. Les cr\u00e9ateurs, souvent, vinrent y puiser, copiant ses lignes, imitant sa lumi\u00e8re. Sur les tapis rouges, on la voyait encore, silhouette claire et volontaire, v\u00eatue tant\u00f4t d\u2019un tailleur masculin, tant\u00f4t d\u2019une robe ample ceinte d\u2019une large ceinture, comme si elle e\u00fbt voulu rappeler que l\u2019\u00e9l\u00e9gance est d\u2019abord un serment int\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1895\" data-end=\"2216\">On la vit, l\u2019an pass\u00e9, pr\u00eater sa gr\u00e2ce aux d\u00e9fil\u00e9s : celui de Ralph Lauren \u00e0 New York, celui de Thom Browne \u00e0 Paris, o\u00f9 son allure paraissait b\u00e9nir la cr\u00e9ation contemporaine d\u2019un regard bienveillant. \u00c0 soixante-dix-neuf ans, elle portait toujours le feu tranquille des commencements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"2619\" data-end=\"2743\">Interrog\u00e9e sur son art de se v\u00eatir, elle r\u00e9pondit simplement, avec cette clart\u00e9 que seuls les esprits sinc\u00e8res poss\u00e8dent :\u00a0 \u00ab Je porte ce que j\u2019aime. J\u2019aime toujours les cols roul\u00e9s, les chapeaux et les vestes. Je crois que je porte plus que jamais des tailleurs au quotidien. Et puis\u2026 une ceinture large. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3292\" data-end=\"3886\">Mais, l\u2019univers de Diane s\u2019\u00e9tendait au-del\u00e0 du v\u00eatement. Elle pr\u00eata sa vision \u00e0 la maison, aux objets du quotidien, \u00e0 la lumi\u00e8re qui s\u2019y d\u00e9pose. En 2024, elle s\u2019associa \u00e0 la marque californienne Hudson Grace pour cr\u00e9er une collection d\u2019arts de la table et de linge de lit, o\u00f9 r\u00e9gnaient ses deux teintes f\u00e9tiches : le noir et le blanc, comme les deux p\u00f4les d\u2019une existence sans fard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"4143\" data-end=\"4492\">Ainsi v\u00e9cut Diane Keaton : entre l\u2019ombre et la lumi\u00e8re, fid\u00e8le \u00e0 elle-m\u00eame, \u00e0 la fois muse et b\u00e2tisseuse, po\u00e9tesse du v\u00eatement et architecte du quotidien. Et quand vint la fin, douce comme la fermeture d\u2019un livre longtemps ouvert, il sembla que le monde perdait moins une actrice qu\u2019une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre : celle d\u2019un esprit libre, v\u00eatu de v\u00e9rit\u00e9. Je me souviendrai jusqu&rsquo;\u00e0 ma mort de notre rencontre \u00e0 Santa Ana, il y a longtemps maintenant, je t&#8217;embrasse Fran\u00e7ois, the Frog.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"4143\" data-end=\"4492\">FM<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">On parla du \u00ab style Annie Hall \u00bb. On se trompait. Ce n\u2019\u00e9tait point un r\u00f4le, mais une r\u00e9v\u00e9lation : le \u00ab style Diane Keaton \u00bb. D\u00e8s son apparition dans le film de Woody Allen, ce langage de v\u00eatements devint une signature \u00e9ternelle, et la consacra ic\u00f4ne. On lui remit un Oscar, comme on d\u00e9cerne \u00e0 une muse la couronne due \u00e0 son \u00e9clat, mais d\u00e9j\u00e0, l\u2019hommage semblait en de\u00e7\u00e0 de ce qu\u2019elle incarnait : la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre soi. <a href=\"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/2024\/diane-la-grace-des-jours-singuliers\/\"><strong><em>Pour lire plus cliquer ici<\/em><\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9393,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9391"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9391"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9391\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9401,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9391\/revisions\/9401"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9391"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9391"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}