{"id":7471,"date":"2025-05-05T06:00:10","date_gmt":"2025-05-05T04:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mouclier.com\/?p=7471"},"modified":"2025-05-02T21:19:25","modified_gmt":"2025-05-02T19:19:25","slug":"la-palatine-vous-connaissez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/2025\/05\/05\/la-palatine-vous-connaissez\/","title":{"rendered":"LA PALATINE VOUS CONNAISSEZ ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9lisabeth-Charlotte de Bavi\u00e8re, dite <i>La Palatine<\/i>\u202f ! Dans cette cour corset\u00e9e, pleine de minauderies et d&rsquo;intrigues naus\u00e9abondes, elle faisait figure d&rsquo;orage tonitruant. L\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;autres composaient leur sourire comme on compose un poison, elle, sans fard ni flatterie, disait ce qu\u2019elle pensait, au risque de choquer ces petits esprits amidonn\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Imaginez cette Allemande massive, en bottines solides, d\u00e9barquant \u00e0 Versailles parmi les volants de dentelle et les perruques poudr\u00e9es. Une D<i>emi-mondaine<\/i>\u202f ? Non, pire et mieux : une femme libre, sans hypocrisie, sans artifice, qui ne vendait ni son corps ni son \u00e2me, mais offrait son esprit brut, r\u00e2peux, sinc\u00e8re. L\u00e0 o\u00f9 les Demi-mondaines trafiquaient leur charme contre des faveurs, <i>La Palatine<\/i> \u2014 elle \u2014 marchandait avec la v\u00e9rit\u00e9, brutale, enti\u00e8re, insoumise.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Elle fumait, elle buvait, elle pestait contre la corruption et le faux-semblant. Elle \u00e9crivait des lettres d\u2019une dr\u00f4lerie acide, v\u00e9ritables gifles aux pr\u00e9tentions de la noblesse fran\u00e7aise. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 il fallait plaire pour survivre, elle choisissait de penser. Et penser libre, \u00e0 Versailles, c&rsquo;\u00e9tait \u00eatre plus scandaleuse qu&rsquo;une catin de la cour des miracles.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Alors oui, ses mani\u00e8res heurtaient, son franc-parler h\u00e9rissait, son allure rustique d\u00e9tonnait&#8230; Mais quelle vitalit\u00e9 dans cette <i>Palatine ?<\/i>\u00a0Quelle insolence magnifique\u202f! Elle n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 pour s\u00e9duire ; elle \u00e9tait l\u00e0 pour \u00eatre. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que tant de jeunes femmes d\u2019aujourd\u2019hui revendiquent encore : exister par elles-m\u00eames, loin des assignations, des silences impos\u00e9s, et des r\u00f4les \u00e9crits \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"82\" data-end=\"450\">\u00c0 la cour de Versailles, sous Louis XIV notamment, l\u2019hygi\u00e8ne n\u2019\u00e9tait pas ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui, et pour cette allemande, c&rsquo;\u00e9tait vraiment terrible. Le ch\u00e2teau, magnifique vitrine du pouvoir royal, n\u2019avait pourtant pas de vraies installations sanitaires. Les courtisans, avec leurs immenses perruques et leurs brocarts \u00e9tincelants, vivaient en permanence dans une promiscuit\u00e9 incroyable&#8230; et parfois peu rago\u00fbtante.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"452\" data-end=\"812\">Faute de toilettes, on faisait souvent ses besoins l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on pouvait : dans les escaliers, dans les couloirs, dans les jardins&#8230; et m\u00eame, plus discr\u00e8tement, derri\u00e8re les rideaux ou dans les chemin\u00e9es \u00e9teintes. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas consid\u00e9r\u00e9 comme une grande faute : un valet pouvait ensuite passer avec un seau pour nettoyer (quand on pensait \u00e0 appeler quelqu&rsquo;un).<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"814\" data-end=\"1217\">Face \u00e0 cette situation assez insoutenable pour les nez sensibles, le parfum est devenu une arme de survie autant qu\u2019un art. Les courtisans, hommes comme femmes, se vaporisaient copieusement d\u2019eaux parfum\u00e9es, de poudres aromatiques et de sachets d\u2019herbes. Les salles \u00e9taient \u00e9galement encens\u00e9es, et les \u00e9ventails, toujours \u00e0 port\u00e9e de main, servaient autant \u00e0 chasser les mauvaises odeurs qu&rsquo;\u00e0 s\u00e9duire.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1219\" data-end=\"1415\">On raconte m\u00eame que certains courtisans portaient de petits bouquets de fleurs sous le nez (les fameux \u00ab\u00a0pomanders\u00a0\u00bb) ou des mouchoirs tremp\u00e9s de vinaigre parfum\u00e9 pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre trop incommod\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1417\" data-end=\"1562\">Bref, le faste de Versailles brillait de mille feux\u2026 mais il fallait souvent fermer les yeux et surtout le nez pour ne pas en voir l\u2019envers !<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"258\" data-end=\"591\">C&rsquo;est \u00ab\u00a0l\u2019Eau de la Reine de Hongrie\u00a0\u00bb, l\u2019un des plus anciens parfums alcooliques connus (datant du XIV\u1d49 si\u00e8cle, mais encore en vogue \u00e0 Versailles). C\u2019\u00e9tait une sorte d\u2019eau de toilette \u00e0 base de romarin mac\u00e9r\u00e9 dans de l&rsquo;alcool, parfois agr\u00e9ment\u00e9e de lavande et de thym. On s\u2019en frictionnait g\u00e9n\u00e9reusement tout le corps.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"593\" data-end=\"918\">Ensuite, il y avait \u00ab\u00a0le vinaigre des quatre voleurs\u00a0\u00bb, un m\u00e9lange de vinaigre et de plantes aromatiques (lavande, menthe, sauge, clou de girofle&#8230;). Selon la l\u00e9gende, des voleurs l\u2019utilisaient pour se prot\u00e9ger des \u00e9pid\u00e9mies pendant la peste. \u00c0 Versailles, on en imbibait des mouchoirs pour \u00ab\u00a0nettoyer\u00a0\u00bb l\u2019air qu\u2019on respirait.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"920\" data-end=\"1261\">Un autre incontournable : l\u2019eau de fleur d\u2019oranger. Louis XIV adorait son odeur fra\u00eeche et d\u00e9licate. On raconte qu\u2019il se parfumait tellement \u00e0 la fleur d\u2019oranger que son odeur flottait autour de lui comme une aura permanente. D\u2019ailleurs, il exigeait qu\u2019on parfume aussi ses gants, ses v\u00eatements, et m\u00eame ses meubles \u00e0 la fleur d\u2019oranger.<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1492\" data-end=\"1816\">Enfin, certains courtisans raffinaient tant qu\u2019ils faisaient parfumer l&rsquo;int\u00e9rieur de leurs perruques directement sur la poudre blanche pour cr\u00e9er un \u00ab\u00a0nuage\u00a0\u00bb parfum\u00e9 autour de leur t\u00eate. Une fa\u00e7on d&rsquo;avoir toujours une petite barri\u00e8re olfactive entre soi et les mauvaises surprises du quotidien. La Palatine, quant \u00e0 elle, allemande de Bavi\u00e8re n&rsquo;en croyait pas son odorat. Quelques ann\u00e9es plus tard, quand Marie de Rabutin-Chantal (Marquise de S\u00e9vign\u00e9) revint \u00e0 Versailles, expurg\u00e9 de ses courtisans, elle ne reconnut pas le lieu, car les odeurs \u00e9taient parties avec la R\u00e9volution.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FM<\/p>\n<p>OK<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9lisabeth-Charlotte de Bavi\u00e8re, dite La Palatine\u202f ! Dans cette cour corset\u00e9e, pleine de minauderies et d&rsquo;intrigues naus\u00e9abondes, elle faisait figure d&rsquo;orage tonitruant. 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