{"id":10495,"date":"2026-01-26T06:00:24","date_gmt":"2026-01-26T05:00:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mouclier.com\/?p=10495"},"modified":"2026-01-25T19:47:59","modified_gmt":"2026-01-25T18:47:59","slug":"la-rive-frolee-par-lecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/2026\/01\/26\/la-rive-frolee-par-lecriture\/","title":{"rendered":"LA RIVE FR\u00d4L\u00c9E PAR L&rsquo;\u00c9CRITURE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Je pense souvent \u00e0 ces \u00e2mes solitaires trop pleines d&rsquo;isolement, qui marchent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monde comme on longe une rive sans jamais s\u2019y baigner. Sans ce vice d\u2019\u00e9crire tous les jours, une ou deux pages ou davantage, sans cette dr\u00f4le d\u2019habitude qui m&rsquo;arrache au repos des heures communes, j&rsquo;aurais peut-\u00eatre go\u00fbt\u00e9 une f\u00e9licit\u00e9 plus simple, faite de silences partag\u00e9s et d\u2019oubli de soi. Ma plume, toujours pr\u00eate \u00e0 se tremper dans l\u2019encre de mes propres songes, ou l&rsquo;exile d\u2019un bonheur imm\u00e9diat, facile, presque vulgaire parfois dans son \u00e9vidence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"701\" data-end=\"1214\">Et pourtant, \u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse, \u00e0 moins que cette \u00e9trange discipline, aust\u00e8re comme un clo\u00eetre int\u00e9rieur, ne soit mon unique sentier vers une joie plus haute, plus rare. Car en me condamnant \u00e0 l\u2019\u00e9criture, cela me donne aussi le droit d\u2019approcher l\u2019indicible, de nommer l\u2019ombre et la lumi\u00e8re, de faire surgir un sens l\u00e0 o\u00f9 le r\u00e9el n\u2019offrait qu\u2019un chaos muet. Le bonheur alors ne se donne pas, il se m\u00e9rite, dans l\u2019effort, dans la solitude consentie, dans l\u2019asc\u00e8se des mots align\u00e9s jour apr\u00e8s jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1216\" data-end=\"1679\" data-is-last-node=\"\" data-is-only-node=\"\">C\u2019est ainsi, peut-\u00eatre, seulement ainsi, que devient possible de fr\u00f4ler du bout des doigts, ce bonheur fuyant, pareil \u00e0 un oiseau qui ne se pose jamais. Dans un matin d\u2019\u00e9criture, dans une phrase enfin juste, dans l\u2019accord secret entre l\u2019\u00e2me et le monde, nul ne sait si ce contact suffit \u00e0 combler une vie, mais il \u00e9claire l\u2019existence d\u2019une lueur grave et profonde, semblable \u00e0 ces cr\u00e9puscules o\u00f9 l\u2019on sent que la nuit sera belle. Je plains les autres, les \u00ab\u00a0Page\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0Mumuse\u00a0\u00bb, \u00e2mes errantes auxquelles ce bonheur fut refus\u00e9, et qui passent dans la vie comme sous un ciel sans \u00e9toile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1216\" data-end=\"1679\" data-is-last-node=\"\" data-is-only-node=\"\">FM<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align : justify ;\">Je pense souvent \u00e0 ces \u00e2mes solitaires trop pleines d&rsquo;isolement, qui marchent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monde comme on longe une rive sans jamais s\u2019y baigner. Sans ce vice d\u2019\u00e9crire tous les jours, une ou deux pages ou davantage, sans cette dr\u00f4le d\u2019habitude qui m&rsquo;arrache au repos des heures communes, j&rsquo;aurais peut-\u00eatre go\u00fbt\u00e9 une f\u00e9licit\u00e9 plus simple, faite de silences partag\u00e9s et d\u2019oubli de soi. Ma plume, toujours pr\u00eate \u00e0 se tremper dans l\u2019encre de mes propres songes, ou l&rsquo;exile d\u2019un bonheur imm\u00e9diat, facile, presque vulgaire parfois dans son \u00e9vidence. <a href=\"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/2024\/la-rive-frolee-par-lecriture\/\"><strong><em>Pour lire plus cliquer ici<\/em><\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align : justify ;\">\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10511,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10495"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10508,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495\/revisions\/10508"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10511"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10495"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10495"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mouclier.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10495"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}