VIN DES PYRÉNÉES A PARIS

Fondée par un ingénieur catalan, « Vins Des Pyrénées » est une institution parisienne depuis 1905. Au cœur du Marais, entre la place des Vosges et le quai des Célestins, située au 25 de la rue Beautreillis, là où Charles Baudelaire, Jeanne Duval habitaient et où Paul Cézane avait son atelier. Quant à Jim Morrison, il habitait au 19 et y cherchait son inspiration dans la poussière d’ange avant de rejoindre la place des Vosges dans la même rue que le peintre britannique, Francis Bacon.

Le restaurant « Vins Des Pyrénées » est sur deux étages. Vous y trouverez un accueil chaleureux – « trop robot pour être vrai » – mais à 39 € la bouteille de pouilly fuissé, on ne sort pas pour aller « pouille-y-fumer » dans la rue. Deux femmes de l’île de Lesbos « indécentes de lit », à côté de nous, s’embrassaient, à bouche que veux-tu, avec pelotage de buste et de foufoune en « prime time », faisaient de moi le spectateur involontaire d’un film érotico-lesbien, phénomène de société et excitation assurée. Toutefois, nous n’étions pas là pour cela, mais, seulement, pour l’ébranlement de notre palais, un point c’est tout.

Au fur et à mesure que les convives arrivaient, la salle une fois gorgée de clients, devenait antisociale car impossible de suivre une conversation en raison du bruit intense comme si nous étions à côté des chutes d’Iguazu. En réalité, les seules chutes, que je vis, étaient celles de nos voisines qui continuaient leurs palpations synchronisées. Une conversation ! Pas grave, car pour entendre les imbécillités des « Babilas » qui m’accompagnaient, je ne pouvais m’empêcher de regarder cette femme, façon cougar, et cette jeune fille qui inlassablement et sans filtre se bécotaient comme si elles étaient seules au monde.

Un croque monsieur aux truffes, fabriqué à partir d’une arôme de tuberaceae, pour la somme de 17 € ! J’ai pensé que c’était finalement nous qui étions les truffes car, à ce prix, on aurait pu avoir au moins une lamelle de ce champignon vernaculaire…

Donc, après ce croque « en jambe », j’ai pris pour dessert : une brioche perdue. Entendez « pain perdu » arrosé de caramel afin que le dîner se termine en apothéose. Au moment de l’addition, mes voisines avaient encore passé un cap : celui de bonne espérance d’une nuit étoilée de fantasmes. Adeptes du Pacific Palissades d’autrefois, venez rencontrer les nouvelles générations de la nuit, bars à bobos parisiens. Adeptes des bistrots de quartiers de la Bastille au Châtelet, ils sont là pour vous concocter une addition à 117€ vin inclus pour retourner à pied dans le centre de Paris car la rue Rivoli, bloquée par une seule voie de circulation, s’active à générer un embouteillage à toute heure, à la plus grande joie des vélocipèdistes heureux de ces grandes pistes pour biclous complètement vides de cyclistes qui, eux, sont rentrés en autolib.

« Vins Des Pyrénées », les bons crus font les bonnes cuites, mais la vie sociale c’est l’envers ; l’endroit, c’est la vie intérieure.

Anonymode.

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